
Blog de la [feu] promotion n°6 de l'école du Théâtre National de Bretagne. Suivez notre blog pour tout savoir de l'actualité des élèves de la promo 6 (et même des autres promotions !) maintenant qu'ils sont sortis de l'école, qu'ils sont libres et sur les routes , de textes en textes, de théâtres en théâtres, de villes en villes et d'aventures en aventures...
dimanche 18 avril 2010
Au fait, parce qu'on s'exporte...

vendredi 16 avril 2010
Angie Again ! Au Trident Cherbourg...

Sujet : Lecture collective de textes de Valère Novarina.
Intervenants : Marine de Missolz comédienne, metteur en scène et Anne-Sophie Sterck comédienne. (et qui sait, peut-être d'autres...)
Valère Novarina questionne le théâtre, questionne l'acteur, questionne la condition d'homme. Il ne décrit pas les situations de vie, il les ouvre. il fait parler les corps pour interroger la cervelle. Et c'est la vie qui est proclamée en permanence, la vie, et son mystère insoluble et joyeux.
«Tant qu’il y a de l’homme, il y a de l’hommerie». Il n’y a pas de technique pour jouer Novarina. C’est un rapport à saisir, propre à chacun. Vous proposer des textes, vous accompagner dans la recherche d’une densité hors recettes, explorer avec vous des terrains dont vous êtes les seuls initiateurs et les uniques détenteurs.
Pour en savoir plus sur cet atelier, nous vous invitons à venir rencontrer Marine de Missolz le samedi 12 septembre à 10h30 à la MJC, rue de l'Abbaye. Une présentation de cette lecture sera proposée lors de l'édition 2010 des Téméraires. Atelier co-financé par la MJC et le Trident.
Chaleur enfantine - Laurent Cazanave bosse !

extrait du texte 4 saisons
ecrit et mis en scene Laurent CAZANAVE
avec
Emmanuelle COUTELLIER
Fabien KANTAPAREDDY
Sebastien ROBERT
On n’est pas dans les larmes. On est après, dans le moment où l’on a besoin de parler et où l’émotion vient des mots employés et non de l’acte vécu. On est au plus proche de soi et en même temps complètement dans et avec celui qui écoute pour pouvoir s’y perdre et le perdre. Raconter cette fable comme on raconte une histoire à un enfant ou comme on raconte un rêve.
A mi-chemin entre le concert, le film, le théâtre, le chant l’objectif est de faire entendre ce texte de montrer des corps traversés par la vie même et ce surtout dans les moments les plus durs.
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Chaque représentation sera suivie d’une rencontre avec le public.
lundi 26 Avril a 20h
mardi 27 Avril / mercredi 28 Avril / jeudi 29 avril a 18h
reservation obligatoire au 0675649125
dimanche 28 mars 2010
Benjamin Barou-Crossman : De lecture en Lecture de voyages en voyages ! On t'aime Ben... :)

(On en à eu presque un extrait dans la "Triste désincarnation d'Angie la Jolie mis en scène par Marine De Missolz, souvenez-vous, la deuxième où troisième scène, avant que Manuel Garcie-Kilian n'étouffe le public avec sa laque L'Oréal. Bref...)
vendredi 12 mars 2010
La promo 7 bosse comme "des dingues" !
Depuis cinq semaines, Nadia Xerri-L, auteur-metteur en scène, dirige le deuxième atelier d’interprétation de cette nouvelle promotion de l’école avec huit de nos élèves : Duncan Evenou, Karine Piveteaux, Marina Keltchewsky, François Xavier Phan, Marie Thomas, Thomas Pasquelin, Anaïs Muller, Nathan Bernat.
Au cours de cette formation, Ils ont travaillé sur Gibiers du temps de D.G. Gabily et des fragments de son journal A tout va, et de Puisque tu es des miens de Daniel Keene.
Ils ouvriront les portes de l’atelier pour une présentation de leurs travaux en salle Guy Parigot pour trois soirées en deux parties : une première partie à 18h autour d’extraits de A tout vadans une forme identique les trois soirs (environ 1h30-1h45) et une deuxième partie à 21h, différente chaque soir, s’appuyant sur des extraits de Gibiers du temps et de Puisque tu es des miens (1h environ).
Vous pouvez donc nous rejoindre :
- Lundi 15 Mars
18h : A tout va (extraits)
21h : Gibiers du temps/Puisque tu es des miens Matériaux I
- Mardi 16 mars
18h : A tout va (extraits)
21h : Gibiers du temps/Puisque tu es des miens Matériaux II
- Mercredi 17 mars
18h : A tout va (extraits)
21 h : Gibiers du temps/Puisque tu es des miens Matériaux III
Merci de vous inscrire auprès du secrétariat de l’Ecole, 02 99 31 12 80 / a.belloir@t-n-b.fr
Briac & Co.
A bientôt,
Hey David !
Mais Gorki n’est pas Tchékhov et la pièce a du mal à démarrer et aligne ensuite quelques longueurs. La mise en scène joue à la fois sur des trouvailles scénographiques (datchas façon cabines de bain, qui sont d’abord les loges des comédiens avant de se transformer en bungalows) et les mouvements de groupe (rassemblement de tous dans une seule cabine, dispersion sur le plateau de chaises longues fabriquées avec les moyens du bord). Elle s’appuie aussi sur un jeu naturaliste de très bons acteurs (Lacascade himself, Jérôme Bidaux et Christophe Grégoire, qui, on s’en souvient avec nostalgie, fut un extraordinaire Platonov).
Le reste de la distribution est inégale, ce qui donne quelques fausse note à l’ensemble, lequel souffre surtout d’un défaut d’historicité. Ce que Lacascade avait opéré avec bonheur dans ses Tchékhov, déterritorialisation de des personnages, anchronismes revendiquées (notamment par les choix musicaux), tout cela fonctionne moins avec Gorki. Pourquoi ? Cela est difficile à savoir, mais toujours est-il qu’ici pas mal de tirades et le comportement de certains personnages est incompréhensible si l’on oublie que l’on est en pleine Russie tsariste, encore féodal sur bien des points et où les idéaux d’un mondes meilleurs ne cessent de hanter la dite intelligentsia dont il est beaucoup question ici.
Néanmoins, la dernière scène, celle du repas où nos estivants se retrouvent une dernière fois avant leur départ pour la ville et où les comptes se règlent, est magistrale. Cela vaut même le coup d’aller jusqu’à Sceaux pour elle seule.
Jusqu'au 21 mars au Théâtre des gémeaux
Les 3 et 4 mars à la scène nationale de Sète
Du 1' au 16 avril au Théâtre national d'Aquitaine - Bordeaux
Les 28 et 29 avril à la scène nationale d'Évreux
© Brigitte Enguérand
Alors pour ceux qui veulent croiser David Botbol dans les coulisses, allez-y gaiement !
COMMENT TOUCHER ? Roland Fichet et toute la fine équipe jouent à PARIS.
| COMMENT TOUCHER ? (ANATOMIES 2010) DU 5 AU 20 MARS 2010 AU THÉÂTRE DE L'EST PARISIEN… Représentations de « Comment toucher ? (anatomies 2010) » au Théâtre de l’Est parisien :jeu 11 mars à 19h30 /// ven 12 mars à 20h30 /// sam 13 mars à 19h30jeu 18 mars à 19h30 /// ven 19 mars à 20h30 /// sam 20 mars à 19h30 159 avenue Gambetta 75020 Paris (durée : environ 2h)Réservations : 01 43 64 80 80 | ||||
| De gauche à droite : Vanille Fiaux, Marie-Laure Crochant, Yoan Charles, Anne-Sophie Sterck, Laurent Cazanave, Manuel Garcie-Kilian. © Rozenn Quéré | ||||
| Comment toucher ? (anatomies 2010), écrit et mis en scène par Roland Fichet, a été créé au Théâtre National de Bretagne durant la première quinzaine de janvier.Production : Théâtre de Folle Pensée, Saint-Brieuc, en coproduction avecle Théâtre National de Bretagne, Rennes. | ||||
| Premier plan, de gauche à droite : Nina Nkundwa, Anne-Sophie Sterck. Second plan, derrière les portes : Marie-Laure Crochant. © Rozenn Quéré | ||||
| LES PORTES Note extraite du Carnet de mise en scène de Roland Fichet (consultable sur le site du Théâtre de Folle Pensée : cf. lien ci-dessous). Le passage des lignes, le passage des portes. Le franchissement. Le passage des frontières. Toute la pièce joue avec le passage, ne serait-ce que le passage d’une scène à l’autre, d’un lien à l’autre, mais il s’agit aussi de passage du visible à l’invisible. Délicate gymnastique que le dispositif scénique réalisé par Ronan Ménard permet de tenter. Derrière la porte, derrière le rideau, il y a toujours quelqu’un. Et les morts-qui-vivent indiquent par leur présence intermittente qu’on en finit jamais avec le passage, avec l’autre côté, qu’au-delà de ce qu’on voit il y a peut-être autre chose à percevoir, à entendre. Roland Fichet cliquer ici pour lire l'intégralité du Carnet de mise en scène. | ||||
| De gauche à droite : Laurent Cazanave, Vanille Fiaux, Anne-Sophie Sterck, Marie-Laure Crochant. © Rozenn Quéré | ||||
| UN RAPPORT EXTRÊME ET VIOLENT Vanille Fiaux a repris au Théâtre de l'Est parisien le rôle de Carina Rosquera, tenu par Chantal Reynoso lors de la création du spectacle au Théâtre National de Bretagne. « Je tends la main et je te touche et je ne sais pas ce qu'est te toucher. Je te regarde et je ne comprends pas ce qu'est te voir. Si seulement je pouvais savoir ce que c'était que sentir son corps… Corps et âme c'est quelque chose qui ne m'appartient pas. » (Fernando Pessoa, Le privilège des chemins) Chercher son état de présence au plateau, dans la chair des mots et la jubilation du jeu. « Les morts se sont promenés dans ma maison et ils ont fredonné des chants très anciens. » (Roland Fichet) L'echo de toutes ses voix qui cohabitent en nous est peut-être le constituant le plus charnel et le plus sensuel de chaque être. Il lie la pensée et le corps dans un rapport extrême et violent… j'ai rencontré pour ma part Carina sur ce chemin là. Vanille Fiaux | ||||
| De gauche à droite : Vanille Fiaux, Laurent Cazanave. © Rozenn Quéré | ||||
| LA LUTTE D'INCARNATION Note extraite du Carnet de mise en scène de Roland Fichet (consultable sur le site du Théâtre de Folle Pensée : cf. lien ci-dessous). Une lutte dans laquelle le corps de Carina s’engage corps et âme. Elle danse, ôte ses vêtements, s’enduit de boue, se jette dans la rivière, traverse la forêt. Elle se bat avec les éléments mais ne se bat pas contre les éléments. Elle absorbe leur énergie : l’énergie de la rivière, des arbres, du feu, des animaux. Son corps a le goût de la vie, elle sent en lui l’instinct de la vie, elle sent en lui la force primitive. Veut-elle retrouver la vitalité sensuelle, l’acuité sensorielle de la vie primitive ? La violence de la séparation la jette de ce côté-là, du côté des forces originelles. Ces forces ont, elles aussi, leur côté obscur, Carina l’affronte ce côté obscur, le geste de Carina est un geste de libération. R.F. cliquer ici pour lire l'intégralité du Carnet de mise en scène. | ||||
| Anne-Sophie Sterck. © Rozenn Quéré | ||||
| LE TOUCHER DIFFÉRÉ (1) Note extraite du Carnet de mise en scène de Roland Fichet (consultable sur le site du Théâtre de Folle Pensée : cf. lien ci-dessous). Niang Saho, une nouvelle et dernière fois, dans le petit bois d’eucalyptus, esquive le geste d’Ariane-Sylvie. Il se retire au moment précis où elle va le toucher, où il va la toucher. Ils sont tous les deux brûlants de désir et pourtant… il se retire. Mais que se passe-t-il dans ce corps d’homme ? Tout le monde témoigne de la sensualité magique de cet homme, les femmes le frôlent, les animaux et les plantes sont émus, mais il semble incapable de franchir le pas, de s’abandonner au toucher. Quel démon l’habite ? Ariane-Sylvie, cette fois, est bien décidée à se saisir de cet homme. La pièce se déploie dans cet élan du corps d’Ariane-Sylvie vers le corps de Niang Saho. Son désir est si puissant qu’elle parviendra à le toucher à travers un voile troué. R. F. cliquer ici pour lire l'intégralité du Carnet de mise en scène. | ||||
| De gauche à droite : Laurent Cazanave, Marie-Laure Crochant. © Rozenn Quéré | ||||
| ZO/KRIS ET SWANA/LOU Note extraite du Carnet de mise en scène de Roland Fichet (consultable sur le site du Théâtre de Folle Pensée : cf. lien ci-dessous). Grande vitalité. Ils sont habités d’une grande vitalité. Ce sont de jeunes guerriers, ils ont sans doute été enfants-soldats ; se battre pour survivre ils savent ce que c’est. Mais maintenant ils veulent plus que survivre, ils veulent aimer et être aimés. C’est ça pour eux l’incarnation. Ils veulent toucher et être touchés. Zo et Swana ont le sens de l’ironie, de la parodie, ils sont insolents, espiègles, ils dansent et chantent. Brusquement, ils sont saisis d’étonnement. Une sorte de stupeur. Ils voient ou entendent quelque chose pour la première fois. Brusquement, ils sont saisis par un sentiment d’abandon. Ils sont seuls au monde, abandonnés. Brusquement, la personne dont ils sont l’ange-gardien leur apparaît comme une étrangère. Paradoxalement, Swana/Lou et Zo/Kris, gardes du corps fidèles, accentuent cette ligne de sens de la pièce : l’errance individuelle. Chacun des personnages erre en quête d’un sens, d’un destin. Et si notre destin c’était justement d’errer (Michaël). R.F. cliquer ici pour lire l'intégralité du Carnet de mise en scène. | ||||
| De gauche à droite : Manuel Garcie-Kilian, Yoan Charles, Nina Nkundwa. © Rozenn Quéré | ||||
| SOUS LE PLATEAU Alexandre Koutchevsky était assistant à la mise en scène dans deux des trois créations qui ont précédé et engendré « Comment toucher ? (anatomies 2010) ». Sous le plateau d'Anatomies 2010 : Anatomies 2007 avec Damien Gabriac et Flora Diguet dans les cafés, petites salles des Côtes d'Armor, quelques ivrognes, beaucoup de monde, des comptoirs, les vitres donnant sur la rue froide, le corps de Flora le corps de Damien, leur peau, les petits cadres en bois, les premiers pas d'Anatomies au fond d'un département breton en hiver. Que reste-t-il des bistrots costarmoricains sur le plateau d'Anatomies 2010 ? Des bières. Je les ai vues au début du spectacle. Des bières bues par les jeunes comédiens sortis de l'école du TNB, bues par les membres de cette communauté fictive et libre de Maty-Ougourou. Sous le plateau d'Anatomies 2010 : Anatomies 2008, grand départ vers l'Afrique, à Brazzaville, au Congo. Les répétitions dans l'atmosphère moite de la salle de danse du CCF, le piano mort, les coupures d'électricité, corps dans les cours chez les habitants – révélation théâtrale pour moi –, l'immense plateau du CCF, Princia, Okaré, Byb, Stik, les danseurs congolais. Nous sommes un jour partis à Maty, toute l'équipe. Sommes descendus à pied dans la vallée, la végétation s'épaississait au fil de la descente. Tout en bas surgit alors le village, et, à quelques kilomètres, au bord de la rivière, le terrain de Roland, presque-île avec son appatame. Surréaliste, touchant. Me fait aujourd'hui penser à Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Nous avons dormi là, sous les étoiles. J'ai entendu les bruits de Maty la nuit sur le plateau d'Anatomies à Paris. J'ai aussi par moment senti la lumière de nuit des villes africaines que je connais, cette obscurité latente, percée de néons qui éblouissent plus qu'ils n'éclairent. Sous le plateau d'Anatomies 2010 : Anatomies 2009, la gigantesque tournée africaine. Départs incessants, aéroports innombrables, passeports, formulaires. Il y a des avions sur le plateau en 2010, on les entend, ils sont là. Moments de virtuosité : les trois fauteuils alignés, la situation de parole qu'ils génèrent produisent du jeu, du décalage, de la liberté. Il reste aussi quelques fruits d'Anatomies 2008, mais ils sont aujourd'hui emballés sous cellophane, figés sur un plateau-repas d'avion, et bientôt violemment détruits par Michaël Guür Keromnès. Adieu les fruits. Alexandre Koutchevsky | ||||
| De gauche à droite : Yoan Charles, Nina Nkundwa, Manuel Garcie-Kilian. © Rozenn Quéré | ||||
| LE TOUCHER DIFFÉRÉ (2) Note extraite du Carnet de mise en scène de Roland Fichet (consultable sur le site du Théâtre de Folle Pensée : cf. lien ci-dessous). Dino Galice a lui aussi vu le corps de Niang Saho dans le petit bois d’eucalyptus. Il l’a vu mort, il l’a vu blessé. « Michaël a vu ses blessures, moi j’ai vu ses blessures, toi tu ne les as pas touchées… je suis mal. » Il est mal, Dino. Il est malade. Il est le mal. Il est le mâle. Il a été incapable, Dino, de faire un geste ; il est resté là, tétanisé. Il n’a ni agressé ni caressé le corps de Niang Saho. Les blessures de Niang Saho l’ont fasciné, mais ses mains ne se sont pas approchées. Il n’en peut plus, Dino, de la fascination qu’exerce sur lui Niang Saho. Il n’en peut plus de se sentir devant lui un pauvre type sans dimension spirituelle, sans dimension politique. Il veut enfin le toucher, le toucher mortellement. C’est sur ce chemin qu’il s’engage, c’est sur cette pente qu’il glisse et elle va le mener jusqu’au meurtre de Niang Saho. R.F. cliquer ici pour lire l'intégralité du Carnet de mise en scène. | ||||
| De gauche à droite : Laurent Cazanave, Marie-Laure Crochant, Yoan Charles, Manuel Garcie-Kilian, Nina Nkundwa, Vanille Fiaux, Anne-Sophie Sterck, Olivier Dupuy. © Rozenn Quéré | ||||
| NOUS REPRENONS LA ROUTE Nous reprenons la route. Nous ne sommes pas malades, nous sommes dingues. Nous n’allons pas mourir ici chez le Bororo, non, nous allons y trouver une certaine folie, nous amuser coûte que coûte, et rire. Et si la ficelle ne nous sied pas, dansons la danse de Saint-Guy. Nous sommes là, exacts au rendez-vous, au plateau, avec ces mots, et désormais, la vie nous appartient. Travaillons et ne désespérons pas. La gazelle bleue pleure rit et ne se laisse pas fixer. Bondis, guerrier. Rebondis. Anne-Sophie Sterck. | ||||
| Yoan Charles © Rozenn Quéré | ||||
| FICTION À LAGOS. DANS LE HALL DU GRAND HÔTEL. MÊME JOUR. DINO.– Je suis con, sûr, très con, le roi des cons. Quelle leçon ! Le piétinement des pauvres dans le hangar bondé, comment les assistants du révérend Salomon-Baptiste Oyo les guident dans les travées, les serrent les uns contre les autres, les font frapper dans leurs mains, lever les bras, chalouper, bramer en cœur des jolies phrases. La plus belle : « Je ne serai plus jamais pauvre », du beau boulot ! des artistes du spirituel, des as ! De quoi ils sont capables ! Ah, mon ami Niang Chaman Ritsebuk Saho tu es le plus grand filou que la terre ait porté. Un filou métaph… ysique. Putain de mot ! Je me suis senti ratatiné, humilié, ah, la brute ! Ah, nom de Dieu, de nom de Dieu, de cent mille noms de Dieu de tripatouilleurs des bourses populaires. Des génies ! Et moi, je suis quoi, un vrai charlot, un Tintin au Congo, le roi des zozos d’Afrique. Mort, il ressuscite en ramasseur de pognon, le Niang Saho, en ramasseur de pognon de gros calibre. Une étoile, un gagneur de première, un cannibale. Tous ces fidèles, il te les mange tout crus ; par centaines, par milliers qu’il te les avale, qu’il te les dévore. N’en reste rien. Je suis un sacré minus. Annonce en fanfare qu’il vient d’acheter deux cents hectares. Avec leur fric. Hurlent de joie, les crétins ! Ah, les connards ! Deux cents hectares avec leur fric pour construire un nouveau « camp » : Le Divin Touch Camp, et ils hurlent de joie ! Je me croyais un homme d’action, un winner, un caïd, je ne suis qu’un enfant de chœur. C’est quoi la petite musique qui flatte tant leurs oreilles, c’est quoi le « concept » qui les fait frétiller comme des caniches en rut ? LE TOUCHER DIVIN ! Il dit « toucher divin » et c’est l’extase. Il faut les voir, bouche béante. Ils le sentent, pas de doute, le toucher divin. Ils s’avancent sur le fil qu’il tend phrase après phrase entre eux et lui. Funambules hypnotisés ils marchent au-dessus du vide. Ah, le malin ! le voilà qui les précipite dans l’abîme de l’incarnation. « Laissez-vous choir dans cet abîme, sentez au plus intime de votre chair la chute vertigineuse, sentez la plus secrète de vos fibres frémir au contact du doigt de Dieu, le toucher divin ouvre votre chair à l’infini. » Ah, la crapule, moi qui me moquais de sa candeur ! Moi qui le prenais pour un impuissant ! Tu es un con, Dino, sûr tu es un con, un sacré con. Dino, tu es un con. Cavale, mon vieux, cavale, ne te laisse pas distancer. Il t’écrabouille, l’enfoiré, réagis ! Toi, tu es un vrai salaud, tu as tout misé sur le fait d’être un salaud, et tu perdrais la partie, ce n’est pas juste. La récompense du salaud c’est de gagner. Moi, on m’emmerde, je flingue. Moi, on ne me bourre pas le crâne avec des mots pourris, des salades, des côtes de porc avariées, je ne suis pas Mozart, moi. Un bon petit paquet de pruneaux en pleine gueule ça te ferait plaisir, Niang, mon ami Niang ?[…] (Roland Fichet, Comment toucher, éditions Théâtrales, mars 2010) | ||||
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lundi 8 mars 2010
samedi 20 février 2010
La triste désincarnation d'Angie la Jolie.
Vendredi 26 février, à 20 h 30 et samedi 27 février, à 17 h, salle Guy-Ropartz.
Rens. 06 73 25 51 03.
vendredi 12 février 2010
EPAT (épatant)
Ecole Pratique des Auteurs de Théâtre / 10e session
26 janvier - 13 février 2010
Tout doit disparaître, d'Eric Pessan
Maître d'oeuvre : Jean-Christophe Saïs
avec les élèves des 5e et 6e promotion de l'Ecole du TNB / Rennes
Mise en espace :
jeudi 11 et vendredi 12 février à 20h
samedi 13 février à 16h
Tarif unique : 10 €
RESERVEZ VOS PLACES !
Avec Laurent Cazanave, Yoan Charles, Julie Duchaussoy, Vanille Fiaux, Manuel Garcie-Kilian, Dimitri Koundourakis, Chantal Reynoso, Anne-Sophie Sterck.
Jour de solde : les consommateurs s’amassent aux portes d’un supermarché, la tension monte et l’ouverture des grilles dégénère en émeute. Des gens courent pour se saisir des marchandises, des disputes éclatent, des bousculades suivent, l’on se bat, des corps sont poussés, des gens blessés, les vitrines sont brisées, les rayonnages renversés, certains se retranchent, d’autres tentent de fuir.
Ce qui m’intéresse c’est d’aborder la violence et le désir de consommation, d’explorer ce lieu tellement banal qu’est le supermarché. De montrer un quotidien tellement présent qu’il est devenu invisible. Plusieurs voix se racontent, disent le désir de posséder, la peur d’être pris dans l’émeute mais aussi la joie de la destruction, d’être emporté par ce mouvement collectif, d’abolir sa responsabilité pour s’en remettre à une foule, à l’anonymat de la déresponsabilisation collective.
Eric Pessan
Production Ecole du TNB - Théâtre Ouvert
avec le soutien de la Région Ile-de-France
Eric Pessan est né à Bordeaux en 1970 et vit dans le vignoble nantais. Il a été rédacteur en chef de la revue d’art et de littérature Éponyme, il est auteur de romans, de théâtre, de fictions radiophoniques pour France Culture, il anime des ateliers d’écriture ainsi que des rencontres littéraires à Nantes et ailleurs. Son prochain texte, Un matin de grand silence, avec Marc Desgrandchamps, paraîtra en mars 2010 aux éditions du chemin de fer.
Nouvelles : La Nuit de la comète, éditions Cénomane (2009).
Romans : L'Ecorce et la chair, avec Patricia Cartereau, éditions du Chemin de fer, 2008 ; Cela n’arrivera jamais, éditions du Seuil, (2007), Une très très vilaine chose, éditions Robert Laffont (2006), Les Géocroiseurs, éditions de La Différence (2004),Chambre avec Gisant, éditions de La Différence (2002), L’Effacement du monde, éditions de La Différence (2001) puis en poche (collection Minos, 2004).
Théâtre : Chambre avec gisant, adaptation, mise en scène Nicole Turpin, 2006-2007.
Inventaire des biens et des actes de Sauveur Marin, marchand français, création en mars 2009 au Théâtre National de Nicosie, mise en scène de Charles Tordjman.
Autre rendez-vous avec Eric Pessan : le 23 février à 12h30 au Théâtre du Rond-Point, pour la lecture deLa grande Décharge, dirigée par Charles Tordjman.
A lire
-Journal de Théâtre Ouvert n°26
entretien avec Eric Pessan en PDF (80 Ko env.)
sommaire / abonnement
-revue littéraire en ligne remue.net :
Articles de et sur Eric Pessan
Dépouilles, feuilleton
mercredi 20 janvier 2010
ET HOMMES ET PAS continue...
pEquOd/et hommes et pas from efte detta on Vimeo.
Voilà,
Jonathan continue de jouer dans Et Hommes Et Pas.
du 23 janvier au 6 février
Du lundi au samedi [20h30], dimanche [17h] Relâches mercredis et mardi 2 février
Théâtre L’Échangeur, Bagnolet.
dimanche 17 janvier 2010
lundi 11 janvier 2010
On bosse / Paris est à nous / 399 secondes à Théâtre Ouvert.
Les dates Parisiennes :
18 janvier - 6 février
Représentations les lundis, mercredis, jeudis et vendredis à 20h ;
mardis à 19h ; samedis à 16h.
Critique Nouvel Obs :
"Allez, encore à l’école, mais cette fois avec celle du Théâtre National de Bretagne. Les comédiens issus de la 6è promotion sont admirablement mis en scène, et en valeur, dans un spectacle quasi choral pourtant – tous en nuisette blanche, garçons et filles – signé Stanislas Nordey sur un texte de Fabrice Melquiot : « 399 secondes ». Soit la durée d’une éclipse, soit, un peu, le compte à rebours qui sépare l’enfance de l’âge adulte, et qu’on nomme adolescence. Départ, très claudélien, sur un cargo en partance pour la Chine, fin dans les rues de Shanghaï. Et entre-temps éclats de scènes, de voix, d’amour, de mythologies, de désirs, y compris loin des frontières entre mort et vie. Ces jeunes comédiens là révèlent un beau tempérament, du caractère, une présence, une tenue altière du corps, de la voix, loin, très loin de toute démonstration de savoir faire taillée pour les castings. (Théâtre Ouvert. Jusqu’au 6 février)."
Par Odile Quirot
L'équipe qui Anatomise...


Des photos de Anatomies 2010 qui vient juste de finir d'être créer à Rennes en salle Serreau.
Cliquer ICI pour accéder au site de Christian Berthelot le photographe. Y'a un diaporama...
:)
Et en plus, un article Ouest France (ils n'avaient pas encore vu le spectacle, faut préciser...)
Roland Fichet signe « Anatomies 2010 » au TNB - Rennes
Le sous-titre de cette création est « Comment toucher ? » De quoi mettre les corps en mouvement.
Un voyage en trois étapes.
Avec « Anatomies », Roland Fichet s'est lancé dans un nouveau voyage : « Anatomies 2008 », « Anatomies 2009 » et « Anatomies 2010 » forment, en effet, un triptyque ou un voyage en trois étapes. Mais les voyages, chez ce metteur en scène, sont « initiatiques », il l'avoue volontiers, il n'est pas question d'aller voir simplement du pays. « En fait, ce sont trois pièces différentes. Les deux premières ont été créées à Brazzaville, la seconde a été donnée dans dix pays africains, la troisième est créée ici. Entretemps, j'ai changé d'équipe, parce que mes comédiens et danseurs ont été pris par d'autres projets. Là, nous avons des jeunes comédiens issus de l'école du TNB, une Africaine et une Mexicaine, huit comédiens en tout. » Ils sont âgés de 21 à 30 ans.
Roland Fichet ne vient pas de découvrir l'Afrique. « J'y circule beaucoup depuis 2001. » Il y a adapté son théâtre. « J'ai travaillé sur quinze parties d'un quart d'heure, j'adaptais, nous donnions parfois le spectacle dans des cours intérieures... Nous invitions des acteurs locaux à participer. Il y avait une part de danse africaine, c'était plutôt physique. » Rien à voir avec ce qui est donné dans la salle Serrault. « Là, c'est une vraie pièce, avec une histoire et des personnages. » Et une mise en scène qui cherche d'abord « la lisibilité ». Il s'agit « de faire vibrer des questions dans les acteurs », de susciter « la sensibilité ».
Le rapport à l'autre
« Au départ, indique Roland Fichet, nous parlions de la guerre, au Congo ils connaissent... Et puis, nous avons abordé l'intime, la relation aux autres, aux ancêtres, aux tabous... Nous en sommes venus à ce thème du toucher. » Un thème qui aborde aussi celui de l'invisible, des ancêtres, des morts... « Les Africains vivent un conflit qui doit nous intéresser : entre l'envie de dire je, de vivre sa vie, comme les Européens, et le lien communautaire. Pour eux, chacun est un chaînon dans l'histoire du groupe. L'héritage pèse. Ils disent : il y a ceux qui disent que les morts sont morts et ceux qui disent que les morts ne sont pas morts... »
C'est tout un monde qui menace de basculer ainsi. « Chez nous, la maladie signifie que la machine est en panne. Chez eux, la maladie est un signe, pas un accident. Il faut chercher les forces du mal, sinon les repères sont perdus. Dans le monde moderne, seul le présent importe. C'est un choc pour les autres. » Voilà de quoi nourrir le voyage, qui passera par le camp de la rédemption, le ministère de la parole, etc. Un voyage devenu commun, depuis que la colonisation est passée par là. C'est peut-être bien le moment d'écouter, de se laisser toucher.
Gérard PERNON.
Et voici une autre critique :
Une leçon d’anatomie brouillonne
mais attachante
Avec une troupe de jeunes acteurs, de vingt-et-un à trente ans, issus de l’école du Théâtre national de Bretagne (TNB), que complètent une jeune Africaine et une jeune Mexicaine, Roland Fichet crée, à Rennes, le troisième volet de son triptyque, « Anatomies ».
L’action d’Anatomies 2010, dont le sous-titre est Comment toucher ?, se situe au Congo, dans le village de Maty-Ougourou. Niang Saho, le chef d’un phalanstère de révolutionnaires cosmopolites, vient d’être tué. Des femmes l’ont transporté dans un petit cabanon de forestiers, mais, au matin, on ne retrouve plus son corps. Une des femmes du groupe, Ariane-Sylvie Sutter, amoureuse du leader, prétend l’avoir revu dans le bois, vivant, pendant la nuit. Il lui a parlé, mais elle n’a pu le toucher. Tel est le point de départ de l’histoire.
Divisés sur le sens à donner à l’épisode (Ariane-Sylvie, à l’encontre de saint Thomas, n’a pas touché le corps, son témoignage est donc sujet à caution) comme sur la conduite à tenir, les membres de la phalange se séparent et le spectateur va suivre leurs différents cheminements. L’éclatement du groupe et la dispersion de l’action en multiples petites séquences et en des lieux divers donnent l’impression d’une scène d’exposition brouillonne, à l’image des mouvements rapides des acteurs en scène qui semblent n’avoir d’autre but que de faire place à la séquence suivante et à son décor. Le choix de la langue lui-même ne semble pas assuré, mêlant les « putain », « merde », « il s’est arraché » et autres « je suis débile ou quoi ! », clichés de la langue « jeune », et un langage soutenu, voire poétique, avec parfois des références bibliques : « Il a tracé des signes sur le sol, et c’est à ce moment qu’ils l’ont reconnu ».
Et le miracle s’accomplit
Et puis, dans cette errance à travers toute une partie de l’Afrique en conflit (Congo, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger, Nigéria), l’action se resserre et les personnages se regroupent. Le miracle s’accomplit. On comprend, on devine le sens de la quête de ces jeunes, ballotés entre (faux) révolutionnaires et (faux) prophètes, entre tradition et modernité, entre rationalité et superstition, entre fidélité à la terre, aux ancêtres et millénarisme cosmopolite. Ce qu’ils cherchent, c’est tout simplement une véritable relation humaine avec les autres. Ils veulent toucher et être touchés, au sens du contact physique ou de l’émotion. L’amour qu’Ariane-Sylvie et les autres recherchent avec obstination, à travers tous les obstacles, n’est qu’une métaphore de cette quête éperdue. La pièce progresse alors, dans une tension croissante, vers la scène finale, qui serait d’une beauté absolue, n’était une certaine grandiloquence dans la manière dont s’exprime le personnage masculin…
Le dernier opus de Roland Fichet, sans être complètement abouti, est attachant et il est ici servi par une troupe dont la fougue juvénile n’a d’égale que le talent. Saluons également les décors, les costumes et la scénographie qui constituent un vrai régal pour les yeux.
Jean-François Picaut
Les Trois Coups
